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3 - Le concept des Écoles de la Société Civile : un nouveau paradigme éducatif

Dernière mise à jour : 30 déc. 2025

(Descriptif de la vidéo 21c - PARTIE 1)



[00:47] Au cours de cette "Formation Civilienne" 21c PARTIE 1, Michel Laloux et Stéphane Lejoly approfondissent un concept révolutionnaire pour l'avenir de l'enseignement : les Écoles de la Société Civile. Loin d’être une simple alternative privée, ce modèle propose une gestion autonome par les acteurs directs — enseignants et parents — pour sortir l'éducation de l'uniformisation étatique.


Ci-dessous, suit (1) la vidéo, ensuite (2) un descriptif de son contenu et enfin (3) un sommaire horodaté des principaux points abordés.



La vidéo




Une rupture avec le modèle étatique : les Services publics de la Société Civile


[01:19] Dès l'entame du dialogue, la distinction est clairement posée : il ne s'agit pas de "marchandiser" l'éducation. Les écoles de la société civile sont des structures de service public qui perçoivent de l'argent public, mais qui refusent la logique du profit ou du contrôle bureaucratique centralisé.

Le constat est sans appel : l’État, par sa nature uniformisante, peine à répondre aux besoins subtils et diversifiés de l'éducation au XXIe siècle. La solution réside dans une école gérée par la société civile, garantissant une gratuité et une accessibilité totale tout en offrant une liberté d'action inédite.



Le fondement de l'autonomie : une question de droit et de culture



L'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : un droit fondamental trop souvent oublié



[02:40] Michel Laloux rappelle un point d'ancrage juridique majeur : l'article 26 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948). L’article 26 stipule que les parents ont la priorité pour choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants. Pourtant, la plupart des pays occidentaux ont délaissé ce principe au profit d'une gestion monopolistique par l'État. Réclamer l'école de la société civile, c'est donc d'abord exiger l'application d'un droit humain fondamental.



L'École comme « Terroir de culture »



[04:36] Le dialogue file une métaphore riche : celle du terroir. Tout comme on ne viendrait pas à l'idée d'uniformiser le goût des vins de toutes les régions, la culture — et donc l'éducation — devrait naître de la spécificité des régions et des familles. L'éducation nationale actuelle est décrite comme une "monoculture hors-sol", là où les Écoles de la Société Civile proposent une diversité pédagogique enracinée dans la vie locale, les terroirs et les familles, dans toutes les subtilités de la vie. Ceci mène à une différenciation de l’éducation.



Des écoles de la mobilité : apprendre à apprendre


[07:50] Une objection fréquente à l'autonomie est la crainte que l'enfant ne puisse pas s'adapter s'il doit changer d'école. Les intervenants inversent cette perspective : c'est précisément l'uniformisation qui tue l'adaptabilité.

En se focalisant sur des savoirs abstraits et standardisés, l'école actuelle néglige la créativité et la mobilité intellectuelle. L'école de la société civile, en revanche, privilégie le développement de la faculté d'apprendre à apprendre. Un enfant agile intellectuellement saura s'adapter à n'importe quel contexte, qu'il change de région ou de métier plus tard.



Les garanties face à l'arbitraire [12:19] : la régulation organique



[13:25] Face à des suspicions d’une volonté intentionnelle de mal faire imputée aux personnes responsables d’Écoles de la Société Civile, il faut rappeler qu’une telle suspicion est contraire à toute notion de Droit, où l’on présuppose que la personne est innocente et pas déjà coupable a priori.

[15:25] Et face à la peur d’absence des apprentissages de bases : qui aujourd’hui au XXIe siècle parmi les enseignants n’aurait pas notamment parmi ses objectifs, d’apporter les savoirs de base ? Les Écoles de la Société Civile par leur créativité et leur inventivité apporteront bien plus que le « squelette de la connaissance que représentent les savoirs de base.



Les trois cercles de vigilance



[17:02] Face aussi aux risques d’insuffisances et de dérives (dérives sectaires ou pédagogiques) Michel Laloux présente un système de garde-fous beaucoup plus réactif que l'inspection d'État, État qui serait soi-disant le seul garde-fou face aux dérives : la vigilance croisée de trois cercles.

  • Le cercle des élèves : ils ont une capacité de percevoir les manques et d'en témoigner auprès de leur entourage..

  • Le cercle des parents : qui, par leur implication quotidienne, détectent les anomalies, interrogent les enfants, rencontrent les enseignants.

  • Le cercle des professeurs : une équipe solidaire qui s'auto-évalue et garantit la qualité de la transmission.


Mettre davantage de responsabilités dans les mains des enseignants et des parents mène à un engagement plus grand de leur part.



La réactivité du terrain


[20:05] Michel Laloux illustre cette réactivité par des exemples concrets où des dysfonctionnements ont été réglés en quelques jours par le dialogue entre parents et professeurs, là où une machine administrative aurait mis des mois, voire des années, à intervenir.



Une gouvernance autonome mais transparente




L'Institut d'audit


[29:40] Pour garantir la qualité et l'usage des fonds, les Écoles de la Société Civile fonctionnent avec des Instituts d'audits. Ces derniers n'imposent pas un programme national, mais vérifient que les écoles sont fidèles à leurs propres projets éducatifs, pédagogiques et d'établissement qu’elles élabores chacune sur une base totalement autonome.

Il s'agit d'un audit à trois niveaux : pédagogique, social et financier (notamment l’emploi des fonds publics conformément à la Charte des Écoles de la Société Civile).

Parents et enseignants s’engagent par rapport au projet pédagogique et au projet d’établissement de leur choix. Ces projets communiqués de manière transparente ainsi que l’engagement des parents constituent une garantie pour toutes les parties.



Un exemple de liberté pédagogique : la détermination des rythmes d'apprentissage, par les écoles


[35:26] L'autonomie permet également de sortir de la "dictature de l'âge". Dans ces écoles, on ne force pas un enfant à lire à tel ou tel âge si sa maturité n'est pas encore là. L’important est que l’élève puisse s’intégrer à la société sans avoir été bloqué par certaines choses durant sa scolarité. Cette liberté pédagogique permet ainsi d'éviter les blocages et de rattraper des "retards" apparents en quelques semaines dès que l'enfant est prêt. Ce ne sont plus les normes extérieures et qui déterminent l’acte pédagogique, mais l’expérience de la réalité du terrain.



Non pas supprimer les écoles d’État mais créer une ouverture pour les Écoles de la Société Civile, lieux d’apprentissage à l’autonomie pour parents et enseignants



[38:50] Ceux et celles, enseignants, parents et institutionnels qui voudront poursuivre au sein des écoles d’États avec le programme de l’État le feront. Tout le monde n’est pas prêt, pour une multitude de raisons légitimes, à se lancer dans un projet d’autonomie. Il s’agit donc nullement de supprimer l’école d’État, mais de créer une ouverture pour les Écoles de la Société Civile. Le processus sera évolutif.


D’autant plus qu’un aspect majeur souligné par Stéphane Lejoly est que l'autonomie ne se décrète pas, elle s'apprend.

  • Pour les parents : Les Écoles de la Société Civile sont des lieux où les parents "apprennent à être parent", à exercer leur responsabilité éducative. C'est une remédiation à la démission parentale souvent induite par le monopole étatique.

  • Pour les enseignants : C'est l'exercice réel de la liberté, indispensable pour pouvoir ensuite éduquer les enfants à cette même liberté.




Ce dont on a besoin pour développer des Écoles de la Société Civile :

1)    D’un côté des garde-fous

2)    De l’autre côté, laisser le temps aux parents et enseignants d’apprendre l’autonomie ainsi qu’apprendre à être parents


L’apprentissage de l’autonomie ne peut toutefois pas se faire tant qu’il existe une tutelle extérieure.


Les Écoles de la Société Civile sont des lieux qui donnent l’occasion aux parents de se former, de faire un chemin dans le développement de leurs capacités pédagogiques, et aux enseignants de faire un chemin dans leurs capacités de gestion autonome de l’école (d’autant qu’on attend des enseignants qu’ils éduquent à l’autonomie… des élèves).



Conclusion : une vision d'avenir évolutive


La vision proposée par cet échange n'est pas celle d'un grand soir brutal, mais d'un processus évolutif. L'idée est de faire coexister l'école d'État et des Écoles de la Société Civile pour laisser le temps aux consciences de mûrir. En se jetant à l'eau, les pionniers de ces écoles autonomes tracent la voie d'une société plus responsable, où l'éducation n'est plus un outil politique, mais le berceau de la liberté individuelle et de la solidarité sociale.


La vidéo suivante (21c – PARTIE 2) permettra de mieux cerner le fonctionnement des Écoles de la Société Civile et la coopération entre elles. Visionner cette seconde vidéo stimulera votre imagination créatrice.



Sommaire de la vidéo :


00:00 Introduction : Le concept des Écoles de la Société Civile. Une gestion autonome par les enseignants et les parents.

01:19 Un service public non marchand financé par l’argent public.

02:40 Le fondement juridique : l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

04:36 L’éducation comme transmission d'une culture ancrée dans son terroir.

07:50 Mobilité des élèves et adaptabilité face au changement. Apprendre à apprendre.

13:25 Réponse aux suspicions de mauvaises intentions.

15:25 Réponse aux craintes d’absence des apprentissages de base.

17:02 Les trois cercles de vigilance : élèves, parents et professeurs.

20:05 Exemples concrets de régulation organique au sein de l'école.

29:40 Une gouvernance autonome mais transparente. Le rôle de l’Institut d’Audit (pédagogique, social et financier).

31:01 L’importance de l’autonomie totale de l’école.

35:26 Libérer les rythmes d’apprentissage des normes d’âge rigides.

38:50 Une transition évolutive en cohabitation avec l’école d'État.

41:30 Pourquoi a-t-on créé ce terme de « civiliens ? ». Les Écoles de la Société Civile comme lieux de formation et d’apprentissage de compétences éducatives et pédagogiques pour les parents.

44:48  Éduquer à l’autonomie par l’exercice réel de la liberté.

45:30 Conclusion et annonce de la seconde partie.


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