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Récit véridique d’une expérience personnelle - Partie 1



En écoutant ce soir la rencontre 18B que j'ai manquée lors du direct, je me suis rappelé le cadre d'entreprise et les expériences que j'ai vécues au sein d'une grande société pétrolière canadienne. Lorsque je fus embauché comme représentant des ventes au détail en 1977, la description de tâches propre à ce poste m'a convaincu que je pouvais oser poser ma candidature.


Je fus embauché et je découvris que toutes les grandes entreprises ont leur culture propre et que ce qu'elles recherchent ce sont des personnes possédant certaines compétences techniques et administratives, un savoir-faire lié aux expériences de vie déjà traversées et un savoir-être essentiellement jaugé sur la capacité apparente à s'intégrer au cadre général et à la culture de l'entreprise. Les grandes sociétés de ce monde ont leur propre cadre culturel et elles recherchent des individus présentant des compétences pouvant être jumelées à leurs propres objectifs. Par exemple, je fus embauché à titre de représentant parce que je détenais un baccalauréat universitaire et que j'avais déjà une certaine expérience du monde des affaires suite à une partie de mon histoire personnelle que je vais vous raconter afin de la relier au sujet que vous abordez avec votre site. Jamais je n'aurais cru pouvoir devenir à 21 ans le gérant d'une salle de cinéma de 800 sièges avec la responsabilité d'embaucher le personnel, de me conformer à une bureaucratie bien rodée incluant la responsabilité du dépôt des recettes quotidiennes s'élevant parfois à plus de 10,000.00$ que je devais aller déposer à la banque locale tous les soirs vers 23h00 via un guichet extérieur, ce qui représentait le risque réel d'être victime d'un hold-up ou pire encore.


Voyons cela comme un bon karma puisque j'étais entré à 18 ans comme placier dans ce cinéma au salaire minimum grâce au démarchage de ma mère, un petit bout de femme énergique qui avait décidé que son fils de 18 ans plutôt timide, idéaliste et rêveur pouvait fort bien occuper un tel poste afin de gagner quelques dollars et apprendre ce qu'était la « vraie vie ». Elle gagna ce pari, grâce à son insistance et à sa détermination peu commune. Trois ans plus tard, j'étais devenu l'assistant du gérant en raison de l'assurance que j'avais acquise et de ma disponibilité constante 7 jours sur 7, en dehors bien entendus, de mes heures de cours à l'université. Puis le destin se manifesta encore sous la forme du décès tragique du gérant, lui-même étudiant universitaire, dans un accident de voiture. Subitement, les circonstances me propulsèrent au poste de gérant que l'on m'offrit d'occuper temporairement le temps de trouver un remplaçant apte à occuper le poste de gérant. Alors que je me débrouillais assez bien, la compagnie propriétaire de la salle m'offrit le poste de gérant en supposant que je serais peut-être tenté de faire une carrière dans ce domaine.


Cette bonne destinée se poursuivit jusqu'à l'été de mes 26 ans, un an après l'obtention de mon baccalauréat en linguistique. Ce diplôme en poche, je décidais de rechercher un emploi comme enseignant du français dans une école secondaire locale. À cette époque, la profession d'enseignant était fortement contingentée et une seule possibilité s'offrit à moi à condition de déménager à Sept Iles, une municipalité située sur la côte nord du Québec à 1126 km de chez moi. J'étais marié depuis 3 ans et mon épouse refusa « de s'exiler » aux confins du Québec dans une ville sans attrait. C'est alors que «mon bon karma» agit par l'entremise de ma soeur qui attira mon attention sur l'annonce du poste de représentant des ventes au détail pour la pétrolière S. Aussi improbable que cela puisse paraître, l'annonce de ce poste de représentant était exactement située dans le journal au verso de l'annonce offrant le poste d'enseignant à Sept Iles. Je fus embauché et c'est à partir d'ici que je peux relier en partie mon histoire à l'étape actuelle du site des civiliens.


Je poursuivrai en vous relatant quelques événements reliés à mes 17 années de carrière poursuivie dans cette société pétrolière. J'y ai découvert des choses qui peuvent être rapprochées du sujet actuel poursuivi sur le site des civiliens.

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1 Comment


Claude Gendron
Claude Gendron
Feb 23, 2023

Je fais moi-même un commentaire sur l'exercice que je tente de faire ici en apportant les précisions suivantes.

Ce qui relie mon passé à l'expérience sociale des civiliens est l'expression des règles auxquelles j'ai été confrontées durant 17 ans. Ces règles sont reliées à des conditions avantageuses propre à refréner l'esprit critique de tout individu confronté à des contradictions irrésolubles. Beaucoup d'analyses expriment les contraintes vécues au sein des entreprises, mais peu de gens impliqués directement osent exposer les anomalies qui en découlent de peur d'être ostracisés. Quant aux milieux syndiqués qui, en principe, offrent une meilleure protection en cas de critiques motivées de la part d'employés, ils sont souvent eux-mêmes en porte à faux avec ce qu'une société civil…

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